Le gouvernement a aujourd’hui acté son désengagement au sein de La Poste.
La Caisse des Dépôts (CDC) possède 26% du capital de la Poste depuis 2011 et à peu près 40% des parts de CNP Assurances.

L’apport financier de la CDC de 6,5 milliards d’€ au capital du Groupe postal en fera l’actionnaire majoritaire avec plus de 50% de participation.

L’État deviendra donc actionnaire minoritaire de La Poste et la CDC majoritaire.

En bref : La Poste « absorbe » la CNP, mais La Poste est « absorbée » par la Caisse des Dépôts.


Après des mois d’incertitude, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a officialisé le 30 août la création d’un « grand pôle financier public ». La Caisse des Dépôts (CDC) se substituera à l’Etat en tant qu’actionnaire majoritaire de La Poste.

En contrepartie, elle apportera à cette dernière sa participation dans CNP Assurances pour renforcer La Banque Postale.

Selon les propos de Monsieur Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances « La Poste perd chaque année 6 % de volume de courrier, les trois activités de la Poste, c’est la logistique, le courrier et la banque et l’assurance. Nous allons lui permettre de développer massivement avec la CNP ce troisième volet d’activité pour compenser la baisse du courrier ». L’Etat disposera donc « d’un grand pôle financier public au service des territoires », a-t-il affirmé.

La CNP renforcera son réseau grâce aux 17 000 points de contact constituant le Réseau La Poste.

La Banque Postale devrait profiter de cette occasion pour améliorer sa rentabilité et son produit net bancaire.

Mais au-delà de la Banque Postale : la Poste retirera-t-elle des bénéfices de cette opération ?

Car si les activités bancaires sont développées massivement, que deviendra la branche courrier ? On le sait, depuis dix ans, l’activité historique de La Poste est en déclin, accusant une baisse de 7% en moyenne par an, faisant perdre à l’entreprise publique environ 560 millions d’euros de chiffre d’affaires chaque année… Vont- ils laisser les choses en l’état ? Rien n’est moins sûr !

Ces changements peuvent-ils remettre en cause l’unicité de La Poste ?
Quelle seront les incidences sur les emplois dans les 3 entreprises ?
Rien n’est encore prévu au niveau social, les personnels dépendant de conventions différentes.

Comment les fonds propres de la CDC seront utilisés ?

Quels seront les impacts pour les 3000 salariés de la CNP et les 350 informaticiens de CNPTI qui changeront de Groupe début 2020 ?
La CNP développera-t-elle d’autres produits d’assurances (autos, habitations, …) ?

Autant de questions sans réponses !

L’UNSA Postes, l’UNSA CDC et l’UNSA CNP agissent ensemble et souhaitent être associées à toutes les étapes de la construction de ce « Groupe financier public ». Elles exigent la mise en place d’un volet social d’accompagnement de tous les personnels.

Lors de la réunion des Délégués syndicaux de groupe du 12 septembre 2018 avec Paul PENY, DRH du groupe CDC, l’UNSA a demandé :

– L’état des lieux actuel sur la participation de la CDC et son rôle dans le Groupe La Poste et CNP Assurances.
– L’état des lieux suite au projet et présentation de l’organisation de la gouvernance de ce futur pôle financier.
– Le business plan du projet (problématique, diagnostic, hypothèses, risques, ROI …)
– L’impact sur le plan stratégique de la CDC.
– L’impact sur le résultat consolidé du groupe CDC suite aux évolutions de capital entre la CNP, la poste et la CDC.
– L’impact sur les salariés de CNP Assurances et de CNP TI.
– Le calendrier détaillé du projet.
– La présentation du Groupe la Poste : nombre de salariés, filiales, statuts, conventions …
– La présentation de la Banque postale : nombre de salariés, statuts. Organisation de l’informatique (maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’œuvre – études et production).
– L’articulation entre la Banque des territoires et le futur pôle La Poste : précision du rôle, du périmètre, du réseau de ces 2 pôles