Du travail bien réel… mais des effectifs invisibles.
La DRH vient de communiquer les données sur les heures écrêtées et les jours de congés non pris ni épargnés.
En 2025, 38 122 heures ont été écrêtées.
Une heure écrêtée, c’est une heure supplémentaire effectuée… puis supprimée des compteurs.
Autrement dit, du travail réel, mais non reconnu… et non payé.
Ces 38 122 heures représentent l’équivalent de 30 ETP.
Car ce chiffre n’est pas une simple donnée statistique. Il représente le travail effectué par une véritable « armée fantôme », indispensable au fonctionnement des services, mais invisible dans les effectifs, et non rémunérée !
La baisse des heures écrêtées observée depuis 2023 ne doit pas masquer la réalité ; car elle s’explique en grande partie par le développement du forfait Jours chez les cadres, souvent fortement encouragé — et parfois ressenti comme contraint sur le terrain — malgré les engagements officiels rappelant le caractère volontaire du dispositif (voir notre article sur le sujet).
Moins d’heures écrêtées ne signifie donc pas moins de travail. Mais cela signifie souvent moins d’heures quantifiées.
Dans ce contexte, la vigilance est indispensable.
Car le Code du travail impose pourtant une obligation claire : l’employeur doit s’assurer que la charge de travail des salariés au forfait Jours reste raisonnable et compatible avec une bonne répartition dans le temps.
Aujourd’hui, ce suivi est insuffisant. Et pendant ce temps, la charge de travail, elle, ne diminue pas.
Les heures supplémentaires ne sont pas un choix. Elles sont le plus souvent la conséquence directe d’un manque de moyens face à une activité qui augmente.
Sur les congés, le constat est tout aussi révélateur :
En 2025, 3 768 jours n’ont été ni pris, ni épargnés ; soit 22 ETP.
Là encore, la logique est la même : si les congés ne sont pas pris, c’est que le travail ne le permet pas.
Pour l’UNSA, cette situation n’est pas acceptable.
Nous revendiquons :
- le paiement des heures supplémentaires réellement effectuées,
- l’identification des services en surcharge pour déclencher des recrutements,
- la mise en place d’un suivi réel de la charge de travail, notamment pour les personnels au forfait Jours,
- la bascule automatique des jours non pris vers le CET,
- en cas de CET saturé, leur affectation à la bourse de solidarité, dispositif que nous soutenons.
Ces chiffres traduisent une réalité que chacun connaît : une charge de travail élevée, qui s’inscrit dans la durée, et trop souvent invisibilisée.