Égalité professionnelle : les constats sont là… et après !?
Dans le cadre des négociations sur le futur accord Égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, l’UNSA a porté une proposition à la hauteur des enjeux de cet accord : la MATT Parentalité.
L’idée est de permettre aux jeunes parents de réduire temporairement leur temps de travail, sans perte de rémunération, pour mieux faire face aux bouleversements qu’entraîne l’arrivée d’un enfant et de mieux concilier vie professionnelle et vie familiale.
Cette proposition a été rejetée par la Direction.
Un refus difficile à expliquer
Pour justifier ce refus, la DRH a expliqué qu’un tel dispositif pourrait avoir un impact sur les carrières car il s’apparenterait à une forme de temps partiel.
Cet argument ne convainc personne !
La MATT Parentalité n’est pas un temps partiel classique. Il s’agit d’un dispositif temporaire, ciblé sur une période particulière de la vie, et intégralement rémunéré.
Indirectement, la Direction pointe un point essentiel : si une réduction temporaire du temps de travail est susceptible de freiner la carrière, c’est donc que les agents qui travaillent aujourd’hui à temps partiel sont bien exposés à des conséquences négatives sur leur évolution professionnelle.
Le véritable problème n’est donc pas la MATT Parentalité. Ce sont les mécanismes de gestion ou certaines pratiques qui continuent de pénaliser des agents en fonction de leur organisation du travail.
Et cela relève pleinement de la responsabilité de l’employeur.
La CDC a pourtant identifié une source essentielle d’inégalité
Ce qui rend ce refus encore plus surprenant, c’est que la CDC a elle-même commandé une étude sur les effets de la parentalité sur les carrières et les rémunérations.
Les résultats sont explicites !
Aujourd’hui encore les mères subissent des pénalités salariales après la naissance d’un enfant, les écarts de carrière persistent, les responsabilités parentales reposent toujours davantage sur les femmes, la parentalité continue d’avoir des conséquences concrètes sur les parcours professionnels.
Les constats sont faits. Les chiffres parlent. Les freins sont identifiés.
Mais constater ne suffit pas. Maintenant il faut agir.
Une avancée, à confirmer, sur le congé menstruel
L’UNSA a également porté dans cette négociation la question du congé menstruel.
Sur ce sujet, la Direction a accepté d’engager une réflexion et de poursuivre les travaux. C’est une évolution positive qu’il faut reconnaître.
Pour autant, les modalités concrètes ne sont aujourd’hui pas connues.
La Direction souligne les difficultés juridiques et statutaires liées à la mise en œuvre d’un tel dispositif dans un environnement où aucun mécanisme comparable n’existe actuellement dans la Fonction publique.
Pour l’UNSA, il s’agit d’un premier pas dans la bonne direction.
Mais une intention ne devient une avancée sociale que lorsqu’elle se concrétise.
Une occasion manquée d’innovation sociale
La Caisse des Dépôts met régulièrement en avant son engagement en faveur de l’égalité professionnelle, de la diversité et de la qualité de vie au travail.
Nous partageons ces ambitions ! Mais elles doivent se traduire par des décisions concrètes.
Lorsqu’une mesure innovante est proposée pour répondre à une difficulté objectivement démontrée, nous regrettons que la réponse soit un refus.
Car accompagner les jeunes parents n’est pas une charge ; c’est un investissement pour l’égalité professionnelle, pour la qualité de vie au travail, pour l’attractivité de la CDC et pour un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie familiale.
La MATT Parentalité : un combat que l’UNSA poursuivra
Le refus opposé aujourd’hui à la MATT Parentalité ne marque pas la fin de ce dossier.
L’UNSA reste convaincue que cette mesure répond à un besoin réel des agents et qu’elle constitue une réponse concrète aux inégalités mises en évidence par les études réalisées pour la CDC.
Il reste encore quelques jours à la Direction pour faire évoluer sa position.
D’ici la présentation du projet d’accord au CUEP du 7 juillet 2026, l’UNSA mettra toute son énergie pour convaincre la DRH d’intégrer cette mesure dans le texte final.
Parce qu’au-delà des constats, les agents attendent des avancées concrètes.
Le moment de vérité approche !
Le CUEP du 7 juillet constituera une étape décisive.
L’UNSA souhaite un accord ambitieux, innovant et créateur de droits.
Si le texte final ne comporte pas de mesures suffisamment fortes pour répondre aux enjeux identifiés, notamment en matière de parentalité, il pourrait recueillir un avis défavorable de la majorité des organisations syndicales, dont l’UNSA CDC.