Lors de la Commission emploi formation du 24 février 2026, la DRH a présenté la nouvelle doctrine sur les détachements. SElle prévoit qu’un fonctionnaire en détachement devra désormais attendre quatre ans avant qu’une intégration soit envisageable — sans aucune garantie.
Comment la Direction justifie-t-elle ce changement de doctrine ?
Cela serait « mieux disant que le droit de la fonction publique », avec même un « effet bénéfique de renouvellement ».
Cette argumentation est choquante ! Car le choix de maintenir des agents dans l’incertitude repose sur le simple constat qu’il est possible de l’instaurer.
Quatre ans d’attente… pour une intégration seulement “possible”
Quatre ans… Ce n’est pas une période d’essai. Ce n’est pas une phase d’observation. C’est un engagement professionnel et personnel lourd :
- départ de son administration d’origine,
- mobilité géographique parfois,
- organisation familiale repensée,
- investissement total dans les équipes de la Caisse.
Et au bout de ces quatre années ? Rien. Aucune sécurité. Aucune garantie. Juste une possibilité.
Une incohérence totale
Un salarié du privé est confirmé après 3 ou 4 mois. Un lauréat de concours est titularisé au bout d’un an. Mais un fonctionnaire déjà titulaire, déjà expérimenté, déjà évalué chaque année, devrait patienter quatre ans dans l’incertitude avant de pouvoir être intégré ?
“Effet bénéfique de renouvellement”… Vraiment ?
Entendre que cette situation aurait un « effet bénéfique de renouvellement » est particulièrement curieux et inquiétant. Cela revient à considérer que :
- l’instabilité est utile,
- le turnover est acceptable,
- la fragilité statutaire peut être un d’outil de gestion.
« Les agents sont en situation précaire ? Tant mieux, cela facilite le mouvement ! ». Cette vision est incompatible avec une politique RH responsable !
Un revirement pour les agents déjà engagés
De nombreux agents sont venus à la Caisse dans un contexte où l’intégration intervenait fréquemment après un ou deux ans. Ils ont construit leur mobilité sur cette pratique. Changer les règles en cours de route, sans dispositif transitoire, c’est rompre la confiance. On ne peut pas appeler à la mobilité publique et, en même temps, sécuriser de moins en moins les parcours.
Une contradiction stratégique majeure
La Caisse affirme vouloir augmenter la part d’agents publics ; c’est d’ailleurs l’esprit de l’accord-cadre majoritairement signé par l’UNSA et la CFDT. Cependant, maintenir des fonctionnaires pendant quatre ans dans une situation incertaine, c’est :
- fragiliser l’attractivité,
- envoyer un signal négatif à toute la sphère publique,
- décourager les candidatures,
- et entretenir précisément le turnover que l’on prétend maîtriser.
Une stratégie publique ne peut pas reposer sur de l’instabilité !
Ce que demande l’UNSA
L’UNSA exige une doctrine cohérente et respectueuse. Elle demande :
- Une intégration de principe après 1 an de détachement.
- À défaut, une intégration automatique au terme des quatre ans, sauf avis défavorable motivé.
- L’intégration immédiate de nos collègues en détachement qui vont atteindre leur 5ème année de détachement à la rentrée 2026
Nous ne laisserons pas banaliser la précarité
La fidélisation des fonctionnaires est incompatible avec l’incertitude organisée. Si la DRH a vocation à « reposer le débat », comme annoncé, l’UNSA sera au rendez-vous.
Elle portera un message clair : la sécurisation des parcours n’est pas un luxe ! C’est une marque de confiance et de respect des agents. À la Caisse des dépôts, l’engagement des fonctionnaires mérite mieux qu’une intégration potentielle au bout de quatre ans !