À la Caisse des Dépôts, la réorganisation des cadres dirigeants semble prendre une tournure particulièrement préoccupante.
En effet, la Direction aurait engagé un travail de fond visant à réduire le nombre de cadres dirigeants au sein de l’Établissement.
Cette démarche, menée avec l’appui d’un cabinet extérieur, aurait conduit à une réévaluation de nombreux postes.
Sur un périmètre d’environ 250 cadres dirigeants au sein de deux grandes directions, GDA et BDT, près de 55 postes auraient ainsi été déclassés.
Si ces chiffres se confirmaient, ils représenteraient une évolution majeure pour les personnels concernés et pour l’organisation de l’Établissement.
Des décisions prises sans réelle transparence ?
L’UNSA s’interroge sur la méthode employée.
Les cadres concernés ont-ils été clairement informés de la finalité réelle de la démarche engagée sur leur fiche de poste ?
Car demander à des cadres de revoir ou de mettre à jour leur fiche de poste peut apparaître comme une démarche de gestion courante.
Mais si cette actualisation a en réalité servi de base à une évaluation visant à déclasser certains postes, alors la question de la transparence du processus se pose légitimement.
Les personnels concernés doivent pouvoir comprendre :
- selon quels critères les postes ont été évalués ;
- qui a conduit cette évaluation ;
- quelle méthodologie a été utilisée ;
- quel rôle a joué le cabinet extérieur mandaté par la Direction ;
- pourquoi certains postes auraient été déclassés ;
- quelles seront les conséquences concrètes de ces décisions pour les cadres concernés ;
- et surtout, pourquoi ces décisions semblent être prises dans une relative discrétion.
Une logique d’économies, qui ne dit pas son nom ?
La Direction aurait identifié un nombre trop important de cadres dirigeants et chercherait désormais à réduire cette population.
L’UNSA ne peut que s’interroger sur la logique poursuivie.
S’agit-il d’une véritable transformation de l’organisation, fondée sur des besoins opérationnels clairement identifiés ?
Ou sommes-nous face à une mesure d’économie budgétaire qui ne dit pas clairement son nom, consistant à déclasser progressivement des postes plutôt qu’à assumer ouvertement une réduction du nombre de cadres dirigeants ?
Dans tous les cas, les personnels ont le droit à une information claire et loyale.
L’UNSA demande de la transparence
L’UNSA demande à la Direction de clarifier rapidement la situation et de communiquer de manière transparente sur :
- le nombre exact de postes concernés ;
- les Directions et les entités impactées ;
- les critères et la méthodologie retenus pour le classement des postes ;
- le rôle et les conclusions du cabinet extérieur ;
- les conséquences individuelles et collectives des déclassements envisagés ou déjà décidés ;
- les modalités d’information et d’accompagnement des cadres concernés.
Nous refusons que des décisions importantes concernant les carrières et les responsabilités de dizaines de cadres soient prises « sans bruit », sans explication claire et sans dialogue social à la hauteur des enjeux.
L’UNSA restera vigilante
Au-delà du sort des cadres dirigeants directement concernés, cette situation pose une question plus large sur le modèle d’organisation de la Caisse des Dépôts et sur les méthodes de management qui y sont mises en œuvre.
Réduire le nombre de cadres dirigeants peut être un choix de gestion. Mais un tel choix doit être assumé, expliqué et discuté.
Il ne peut pas se faire au détour d’une simple demande de mise à jour des fiches de poste, laissant les personnels découvrir après coup que leur fonction a été réévaluée et, potentiellement, déclassée.
L’UNSA demande donc à la Direction de sortir de l’ambiguïté et de donner aux personnels concernés les informations auxquelles ils ont droit.
Nous continuerons à suivre ce dossier avec la plus grande attention et à défendre les intérêts des personnels concernés.
Car après les cadres dirigeants, à qui le tour ?