Lettre ouverte à Madame Kermoal-Berthomé, Directrice des politiques sociales :
Madame la Directrice des politiques sociales,
Depuis plusieurs années — nous ne pouvons malheureusement plus parler en mois — l’UNSA alerte la direction sur les conditions de travail et les risques psychosociaux au sein de la DRC, et plus particulièrement dans les centres de contacts.
Ces alertes ont été portées à de nombreuses reprises dans les instances nationales et locales. Les procès-verbaux en témoignent : l’UNSA a relayé les remontées de terrain des agents, posé de nombreuses questions et demandé des explications. Beaucoup sont restées sans réponse.
Lors du CLU du 24 juin 2025, la Direction estimait pourtant que le tableau dressé par l’UNSA « l’inquiétait », évoquant l’utilisation de « mots extrêmement forts » et la mention de situations de détresse.
Les faits nous donnent malheureusement raison. Il aura fallu attendre une altercation entre agents sur les plateaux des segments Actifs et Employeurs pour que la Direction se saisisse réellement du sujet et mette en place une cellule de crise.
Le cabinet Alterhego a été mandaté pour conduire une analyse approfondie et un dispositif d’écoute confidentiel a été mis en place. L’UNSA espère que le plus grand nombre d’agents des segments Actifs et Employeurs se saisira de cette opportunité pour exprimer leurs vécus et leurs ressentis. Mais le diagnostic présenté ne peut pas s’arrêter à ces seuls segments. Le centre de contact comprend aussi les segments Retraités et Formation professionnelle et autres mandats.
Or ces segments semblent aujourd’hui largement absents de la démarche engagée. La situation du segment retraités ne peut pourtant pas être ignorée. Depuis la réorganisation de 2024, ce segment a connu de nombreux ajustements d’organisation sans passage par les instances : créations et suppressions de postes, modifications de l’organisation, absence de données claires sur l’évolution des effectifs.
Aujourd’hui, l’UNSA alerte à nouveau sur la santé mentale des agents de ce segment. Après le choc déjà vécu en 2024, les agents en détachement depuis prés de 5 ans ont été informés de leur devenir à la caisse des dépôts, à savoir potentielle intégration pour certains, quand plus de la moitié ont eu l’annonce de leur non intégration.
Elle impacte non seulement les agents concernés mais aussi leurs collègues : émotions à l’annonce des non intégrations et incompréhensions, baisse des effectifs, charge de travail toujours plus forte, incertitudes sur l’avenir du segment…
Sur le seul site de Bordeaux, les effectifs permanents ont déjà diminué de 20 % depuis la réorganisation de 2024, et la suppression d’au moins 4 ETP liés à l’introduction de l’IA vient encore renforcer ces inquiétudes.
Dans ce contexte, le malaise est réel. Beaucoup d’agents intériorisent leurs difficultés et s’expriment peu, parfois par crainte pour leur carrière ou leur avenir.
Ce silence ne doit pas masquer l’ampleur des risques psychosociaux.
Par ailleurs, l’UNSA rappelle son positionnement au CUEP du 16 janvier dernier sur le projet de génération de réponses personnalisées aux courriels avec assistance IA sur le segment Pensionnés du centre de contacts au sein de la Direction de la relation Client : l’UNSA, pragmatique et réformiste, défend un déploiement maîtrisé de l’IA au service de la qualité de vie au travail, du maintien de l’emploi.
Notre position n’est pas de résister à l’innovation, mais de l’utiliser au service du progrès humain.
L’UNSA a voté contre ce projet car il ne présentait aucune garantie en termes de maintien d’emplois — 4 ETP en moins dans un premier temps — ou d’avenir pour nos collègues en détachement.
L’UNSA vous alerte donc à nouveau : il est urgent de permettre aux agents de s’exprimer.
Nous demandons :
- la mise en place, sans délai, d’un dispositif d’écoute et d’analyse de la situation de travail similaire à celui déployé pour les segments Actifs et Employeurs, avec une garantie totale de confidentialité des échanges,
- l’intégration de nos 7 collègues en détachement depuis près de 5 ans à la DRC pour respecter le contrat moral et les conditions du contrat initial,
- l’inscription à l’ordre du jour du prochain CLU d’un point de situation sur le segment Retraités et sur son avenir, ainsi que des explications sur les réductions d’effectifs annoncées aux agents sans information préalable des organisations syndicales.
Le turn-over dont notre DRH adjoint se réjouit ne doit pas se faire sur le dos des agents en détachement et l’Unsa s’y opposera !
La santé des agents n’attend pas.
Cordialement.
L’UNSA Groupe CDC