Le 16 janvier 2026, l’UNSA est intervenue en CUEP pour interpeller la Direction générale sur la mise en place progressive d’un ratio de 8 postes de travail pour 10 agents sur plusieurs sites de la Caisse des Dépôts, et notamment sur le site de Bordeaux – Amédée Saint-Germain, concerné dès le premier semestre 2026.
Accueillir, oui. Dégrader les conditions de travail, non.
L’arrivée de la DR Nouvelle-Aquitaine sur le site d’Amédée Saint-Germain est une bonne nouvelle. Les agents y sont favorables : cela participe à la vie du site et au renforcement des liens entre directions.
En revanche, ce que nous contestons fermement, c’est le choix de réduire drastiquement les surfaces de travail existantes, au détriment des agents, pour libérer près de 20 % du bâtiment en vue d’un accueil hypothétique d’une entreprise extérieure… qui n’est à ce jour ni identifiée ni confirmée.
Concrètement, cela revient à demander aux agents de faire de la place pour d’autres, en acceptant :
- moins de postes de travail,
- plus de promiscuité,
- une perte de confort,
- une baisse d’efficacité,
- et un impact direct sur leur santé.
Un ratio théorique, des réalités bien concrètes
Le ratio de 0,8 repose sur une hypothèse de présence moyenne de 80 % des agents. Or, la réalité du travail à la CDC est toute autre :
- pics d’activité,
- réunions,
- agents extérieurs ou temporaires (prestataires, intérimaires, apprentis, CDP…),
- contraintes métiers,
- exigences de confidentialité,
- limites du télétravail.
Sur le site de Bordeaux, alors même que ce ratio n’est pas encore pleinement appliqué, les premiers retours font déjà état :
- d’agents sans poste fixe,
- de difficultés de concentration,
- de fatigue cognitive,
- de tensions au quotidien,
- et d’un sentiment de déclassement.
👉 Ce sont des signaux qu’il serait irresponsable d’ignorer.
Santé au travail et service public avant logique immobilière
La Caisse des Dépôts est un établissement public, pas un centre de profit immobilier.
Avec près de 5 milliards d’euros de résultat, il est pour le moins paradoxal d’expliquer aux agents que la dégradation de leurs conditions de travail serait nécessaire pour « rentabiliser » des mètres carrés.
L’UNSA le dit clairement :
👉 Ce choix n’est ni économiquement nécessaire, ni écologiquement justifié, ni compatible avec les missions de service public de la CDC.
À Bordeaux, l’argument écologique est d’autant plus discutable que les agents ont déjà largement contribué aux efforts collectifs, notamment avec un déménagement à la gare et un allongement significatif des temps de trajet en transports en commun.
Ce que demande l’UNSA
En CUEP, l’UNSA a posé une question simple à la Direction générale :
➡️ le ratio de 0,8 est-il un objectif intangible, ou un indicateur adaptable aux réalités du travail ?
Nous demandons que des principes clairs soient posés au niveau national :
- aucune réduction de surface sans étude d’occupation réelle,
- aucune généralisation du flex office sans analyse métier,
- une association systématique des représentants du personnel et des FSSSCT en amont des projets.
Appliquer un ratio uniforme partout – à Paris, Bordeaux, Angers ou en directions régionales – n’a pas de sens et fait peser de forts risques psychosociaux sur les agents.
L’UNSA à vos côtés
Ce que nous portons n’est pas un refus dogmatique, mais une exigence de responsabilité : concilier performance immobilière et respect des femmes et des hommes qui font vivre la Caisse des Dépôts.
Les agents n’ont pas à payer, par leurs conditions de travail et leur santé, des choix qui ne sont ni indispensables ni justifiés.